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  1. Rémy 21 août 2012 à 11 h 32 | | Répondre

    Je réalise également mon TFE sur la simplicité volontaire. Un questionnaire est encore en ligne pour quelques semaines à cette adresse: rem.user1.be/questionnaire/
    En espérant vous avoir parmi les répondants, merci et bien à vous tous,

  2. Amaury Rustin 14 septembre 2010 à 11 h 06 | | Répondre

    Tout d’abord merci à Mr Boisvert pour ses réactions et son implication pour ma recherche. Son texte est éloquent et témoigne de ses connaissances, de son implication et de son attachement à un mode de vie qui, comme pour Serge Mongeau, est pour moi source de bonheur, principalement par sa dimension libératrice. En effet, selon l’expérience que j’en mène, je dirais que la simplicité volontaire constitue avant tout une libération, une émancipation du système consumériste aliénant que les sociétés capitalistes ont construit. Il s’agit par ailleurs pour moi d’une remise en question de nos modes de vie et de pensée et d’une prise de recul dont la finalité est d’être plus cohérent et de se désintoxiquer du matérialisme pour plus de richesse intérieure. Se détacher de cette dépendance est assurément libérateur et purifie l’esprit. La simplicité volontaire, c’est également resituer l’être dans son environnement, le reconsidérer et le responsabiliser. C’est aussi un objectif commun de vie prometteur de profondeur, de respect, d’amour, de sérénité, de fraternité et de saveur. C’est enfin un cheminement lent, parsemé d’obstacles qui constituent avant tout des apprentissages enrichissants de la vie mais qui requiert de revoir son rapport au temps, à l’usage, à la consommation, à la mobilité,…

    Voilà quelle en est ma perception… Vous aurez compris que je suis plutôt en faveur de la simplicité volontaire, tellement que je me suis demandé pourquoi plus de personnes ne l’étaient pas, c’est pour cela que j’ai envisagé cette recherche.

    Parmi les éléments les plus marquants de mes analyses, je retiens essentiellement qu’il semblerait que pour les personnes à priori les moins séduites par ce mode de vie, c’est son côté archaïque qui constitue frein le plus important. Ces personnes considèrent en effet ce mouvement comme « un retour en arrière d’un siècle », ce qu’elles ne désirent pas connaître et rejettent donc ce mode de vie. Lorsqu’elle ne séduit pas, c’est surtout parce qu’elle est perçue comme un courant social archaïque qu’elle serait donc rejetée. Bien entendu, il s’agit là d’une perception par les personnes moins séduites mais tout simplicitaire sait pertinemment bien qu’il n’en est rien. Pour ma part je considère même qu’il s’agit d’une avancée plutôt qu’un retour en arrière, allant jusqu’à croire que ce mode de vie ne peut malheureusement trouver tout son sens que dans une société post-industrielle, dans l’état actuel des choses en tout cas. Par ailleurs, l’impulsivité et donc l’incapacité de lutte contre les attractions et sollicitations de nos sociétés consuméristes explique également pour une partie significative ce rejet par les personnes non séduites.

    Quant aux personnes d’emblée plus séduites, elles ne pensent pas pour autant pouvoir adopter ce mode de vie. Elles classent en effet la rapidité de tout et le sentiment d’impuissance parmi les freins majeurs à l’adoption de ce mode de vie, mais ne déterminent pas pour autant des freins d’une manière aussi prononcée que les moins séduits. La crainte de précarisation, les habitudes, les enfants, les engagements financiers de long terme, la peur de l’inconnu,… sont autant d’autres freins expliquant la résistance au changement des personnes séduites.

    Bien entendu, mes analyses vont plus loin que ces quelques éléments de réponse et sont, comme annoncé par Mr Boisvert, disponibles via http://simplicitevolontaire.org/documents/Amaury_Rustin-Les_freins_a_l%27adoption_de_la_SV.pdf. J’en profite d’ailleurs pour le remercier pour m’avoir fait l’honneur de rendre mon mémoire accessible.

    Pour réagir au commentaire de Mr Mongeau, les freins que j’ai essayé d’identifier et de comprendre au travers de ma recherche et les raisons ici énumérées par Dominique Boisvert ne constituent pas d’après moi les « bonnes » raisons pour ne pas pratiquer la simplicité volontaire mais plutôt les raisons pour lesquelles ce mouvement ne remporte pas suffisamment de succès. C’est ce constat qui est à la base de mes recherches. Comprendre les raisons pour lesquelles la simplicité volontaire ne compte que trop peu de partisans peut d’après moi permettre de s’y attaquer, c’est le but (avoué) de ma recherche. Bien entendu il n’y a pas une seule raison majeure, ce qui rend les choses plus difficiles. En effet, il me faut admettre ma déception de n’avoir pas pu identifier de freins déterminants qui auraient pu concentrer toutes nos forces pour les vaincre dans le futur. Les résultats dégagés n’en sont pas moins intéressants et témoignent en vérité de la complexité comme de la richesse de nos vies. Par ailleurs, comme vous, je pense que les raisons POUR la simplicité volontaire sont multiples et ne cessons d’ailleurs jamais de les colporter !

    Enfin, je pense également qu’un nombre important de personnes pratiquent la simplicité volontaire au quotidien sans le savoir, simplement parce qu’ils ne mettent pas un nom sur leur mode de vie. Je dirais que ces personnes ont d’emblée et naturellement emprunté le chemin du bonheur ?

    Amaury Rustin,
    Défenseur actif de l’environnement et partisan de la Simplicité Volontaire

  3. Dominique Boisvert 11 septembre 2010 à 13 h 33 | | Répondre

    Le texte du mémoire de maîtrise de M. Amaury Rustin, chercheur belge qui nous avait interpellés pour que nous réfléchissions avec lui sur les « freins » qui s’opposent à l’adoption de la SV par un plus grand nombre de gens (voir ma chronique du 9 septembre 2010) est maintenant disponible sur Internet sur le site du RQSV: http://simplicitevolontaire.org/documents/Amaury_Rustin-Les_freins_a_l%27adoption_de_la_SV.pdf. Merci à M. Rustin de nous l’avoir envoyé et de nous avoir autorisé à le diffuser.

    Les contributions de membres du RQSV à sa réflexion sont reproduites en Annexes à son mémoire, pp. 23-31 des Annexes ou pp. 122-130 du Mémoire.

    Bonne lecture!

  4. Pascal Grenier 7 septembre 2010 à 14 h 48 | | Répondre

    Un obstacle majeur
    à la protection de l’environnement

    Au Québec, lorsque vous demandez aux gens ce qu’ils font pour protéger l’environnement, ils vous répondront presque immanquablement, « je fais mon recyclage ». D’autres plus engagés vont dire j’achète le plus possible local et bio. D’autres enfin, diront je fais du compostage.

    Cependant, ces gestes, quoique valables, restent d’une importance environnementale limitée et sont relativement faciles à aborder dans une conférence ou une discussion. Toutefois, plusieurs thèmes, mentionnés ci-après, on un impact important à très important et sont beaucoup plus difficiles à présenter en public.

    • Avoir ou non des enfants ;
    • Utiliser l’avion pour des voyages non essentiels ;
    • Avoir une maison ou un véhicule surdimensionné par rapport à ses besoins ;
    • Manger fréquemment de la viande ;
    • Promouvoir un meilleur partage des richesses (des dirigeants de compagnies d’assurances et de banques gagnent des millions) et des ressources (86% des ressources sont utilisées par 20% de l’humanité) ;
    • L’étalement urbain est un des problèmes environnementaux aux plus grandes conséquences.

    L’obstacle majeur pour protéger l’environnement réside dans le fait que les importantes questions qui précèdent ne peuvent pratiquement pas être abordées en public. En effet, en soulevant ces thèmes, il y aura toujours plein de gens qui se sentiront coupables. L’un aura une grosse maison, l’autre demeurera en banlieue éloignée, enfin un troisième fera son voyage annuel en Floride. Même si le sujet est bien fondé sur le plan environnemental, le sentiment de culpabilité prendra généralement le dessus et se transformera en retrait, en défense ou en critique.

    Si l’on ne peut véritablement parler des problèmes écologiques les plus importants, comment alors protéger l’environnement efficacement ?

    Pascal Grenier, simplicitaire

  5. Serge Mongeau 11 août 2010 à 10 h 10 | | Répondre

    Beau travail, Dominique. On se demande, après lecture de toutes ces « bonnes » raisons pour ne pas pratiquer la simplicité volontaire, comment il se fait qu’il y ait encore des irréductibles! Peut-être faudrait-il à un moment faire l’exercice inverse et recenser les raisons POUR.
    Je peux affirmer, pour ma part, que je ne trouve dans ma propre vie aucun inconvénient à la pratique de la SV, bien au contraire car elle est à la base de mon bonheur.

S.v.p. commenter sous votre vrai nom.

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