Simplicité et peur du vide

J’ai pris quatre semaines consécutives de vacances. Je n’ai pas d’amoureux, pas de voyage à faire, juste quelques visites culturelles et quelques jours au chalet d’une amie.

Contrairement à plusieurs, j’ai tellement de temps que je ne sais plus quoi en faire. Je m’ennuie, je n’arrive pas à terminer quelque chose et même à faire quelque chose, il fait trop chaud.

Je m’occupe des besoins de base : faire l’épicerie, faire à manger, manger, dormir, me laver, faire la lessive. J’ai tout le temps pour me poser des questions existentielles comme : « Qu’est-ce que je veux faire du reste de ma vie? ». Ma réponse se précise de plus en plus depuis les deux ou trois dernières années, mais les actions que j’ai posées dernièrement dans le sens de ce que j’ai envie de faire n’aboutissent pas. C’est comme si la vie est arrêtée. J’attends, je médite, je lis, j’écris, et je sens tout le vide de ma vie et ce n’est pas agréable.

Est-ce que la société de consommation et la vie à toute allure ne seraient pas de bons moyens pour se garder occupés et ne pas sentir le vide en soi et le superficiel autour de soi?

Je pense que le but de la vie est d’apprendre à se connaître, à développer nos talents et à les mettre au service des autres. Pour moi, la vie est un mouvement qui englobe tout. Je ne suis rien sans les autres comme une goutte d’eau qui fait partie de l’océan.

Mais, la plupart du temps, je ne rencontre pas de gens qui pensent comme moi, ou pas assez pour nourrir mon besoin de relations intéressantes, nourrissantes et constructives.

Il m’arrive aussi de penser que je suis dérangeante pour plusieurs à cause de mes questions sur le sens de la vie. J’ai constaté que lorsqu’on se pose une question, une partie de nous cherche et attire toujours une réponse et, parfois, la réponse nous oblige à revoir notre façon de percevoir la vie.

« La peur de savoir est en fait, au plus profond de nous, la peur d’agir, à cause des responsabilités inhérentes au nouveau savoir. » – Abraham Maslow

Je comprends que je sois souvent seule

Je peux comprendre que beaucoup de personnes préfèrent continuer de s’étourdir dans le travail et la consommation, que ce soit la consommation de biens ou de substances, plutôt que de s’arrêter, de se poser des questions et de constater qu’un changement de mode de vie et de pensée est nécessaire.

Je peux comprendre aussi le fait que je sois souvent seule avec mes questions que les autres ne veulent pas entendre, pour ne pas en connaître la réponse.

Je pense que la peur du vide, la peur de se retrouver seul face à soi-même, la peur de devoir changer sa vie est un obstacle de taille sur la voie de la simplicité volontaire.

Quels avantages sont plus grands, plus importants, plus attirants que cet obstacle? La réponse à cette question sera un des moyens d’attirer les gens (avec un avantage au lieu d’un problème).

Alors, j’attends que la réponse me soit livrée par cette partie de moi-même qui veille au grain. En espérant qu’elle arrivera plus vite que les aboutissements à mes démarches dans le sens d’une vie remplie de partage, de solidarité et d’entraide.

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8 réponses

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  1. Richard Materna 22 septembre 2011 à 3 h 32 | | Répondre

    J’ai bien aimé la réponse de Valérie et j’aimerais ajouter qu’il y a coté de tout ce qu’elle dit une voie vers le bonheur véritable et qui est la création.
    Passer sa vie a créer des choses et les voir aboutir sous forme de produits ou idées nouvelles fait que chaque moment de la vie de « travail » n’est plus vécue comme une obligation mais comme un moment passionnant . Le Fait de gagner de l’argent de cette façon est un sport tout aussi agréable mais il y a un point faible, on ne devient pas riche avec cette façon de penser et de faire, on vit bien et on a le temps pour soi.

  2. Valérie 16 septembre 2011 à 2 h 25 | | Répondre

    On nous fait croire que le bonheur se mesure à l’aune de nos possessions. On nous fait croire que la liberté c’est posséder un maximum de biens.
    Mais il y a de plus en plus de gens qui commencent à refuser d’y croire.
    Je suis heureuse, Micheline, de voir qu’il y a de plus en plus de personnes comme vous et moi.
    Je crois qu’il nous faut juste être fières de nos choix.
    Je crois qu’il est temps de crier haut et fort que le bonheur est en nous et pas en dehors de nous. Que consommer c’est être consumé.
    Que vivre simplement nous permet de comprendre et de vérifier ce qui est important pour nous. Que les choses simples sont celles qui nous apportent le plus de bonheur.
    Que c’est justement quand on commence à se délester du matériel (ou à y accorder une moindre importance) qu’on peut commencer à agir de manière plus spirituelle.
    C’est alors qu’on se tourne vers l’autre et qu’on peut vraiment créer du lien.
    Bonne route

  3. Mireille Matte 12 septembre 2011 à 12 h 14 | | Répondre

    Voici un texte de Charlie Chaplin :

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai compris qu’en toutes circonstances, j’étais à la bonne place, au bon moment. Et alors, j’ai pu me relaxer.
    Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Estime de soi.
    Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle n’étaient rien d’autre qu’un signal lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
    Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Authenticité.
    Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de vouloir une vie différente et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue à mon épanouissement personnel…
    Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Maturité.
    Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation ou une personne, dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment…
    Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… le Respect.
    Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai commencé à me libérer de tout ce qui n’était pas salutaire : personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie. Au début, ma raison appelait cela de l’égoïsme. Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… l’Amour propre.
    Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire de grands plans, j’ai abandonné les mégaprojets du futur. Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime, quand cela me plaît et à mon rythme.
    Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Simplicité.
    Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de chercher à avoir toujours raison, et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
    Aujourd’hui, j’ai découvert… l’Humilité.
    Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir. Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe. Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois. Et cela s’appelle… la Plénitude.
    Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir. Mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient une alliée très précieuse! Tout cela, c’est… le Savoir-vivre. Nous ne devons pas avoir peur de nous remettre en cause. Du chaos naissent les étoiles.

  4. Marie-Hélène j. Robitaille 12 septembre 2011 à 8 h 36 | | Répondre

    Bon matin Micheline,
    C’est toujours un bonheur de te lire et de voir que tu ne lâches pas. Ce que tu écris est tellement vrai et tu n’es pas toute seule…tout est possible mais c’est loin d’être évident pour le moment. Les conditions ne sont pas favorables doit-on s’en contenter ….je me sens impuissance et je trouve ça bien désagréable, inconfortable à supporter. Y’a un moyen mais je n’ai pas encore trouver la recette.
    Bonne journée
    Marie-Hélène

  5. Jean-Paul B 11 septembre 2011 à 3 h 28 | | Répondre

    Patience et espérance ! On peut douter,avoir « peur du vide » ….ça fait partie d’une étape ds sa réflexion,son cheminement personnel .
    Mais,peut-être se fixer des objectifs simples/accessibles ,ds un 1er temps,agir calmement et avancer ….C’est soi même qui construit sa vie,et avec patience,espérance et optimisme on goûtera des instants plus agréables,seul souvent,et parfois en rencontrant 1,2,3 personnes avec qui on aura plaisir à échanger .
    Bien à vous !

  6. Yan Fortin 10 septembre 2011 à 8 h 07 | | Répondre

    Bonjour,

    C’est un texte dont je m’identifie totalement!!!

    Présentement, je travaille sur des projets personnels (à temps partiel, mais ça fait quand même plus de 5 ans que j’y travaille…) qui changeront complètement ma vie dans les prochaines semaines et mois, dans le sens positif du terme! Il y aura une grande composante à la simplicité volontaire: avoir du temps pour me consacrer à autres choses que de regarder le cubicule de mon bureau… (j’ai plein de projets)…

    Bien que mon coeur et mon âme me guident à travers ces projets, je sais que je devrai faire face à la musique par rapport à la société, mon entourage, etc. parce que je ferai fort différent dans ma vie, je voyagerai d’une façon très différente… Et ça, c’est un gros obstacle: faire différent de monsieur et madame tout le monde…

  7. Pierre Jaouên 9 septembre 2011 à 18 h 01 | | Répondre

    Témoignage vrai et émouvant. On a envie de se sentir proche de cette personne car j’ai l’impression, qu’en la cotoyant, on s’enrichirait vraiment.

    Pierre

  8. Gariépy DIane 9 septembre 2011 à 17 h 43 | | Répondre

    Quelle réflexion intéressante!

    Juste après mon divorce, j’ai eu la chance de pouvoir aller marcher souvent avec une amie dans la nature. On abordait nos récentes lectures et toutes nos questions existentielles…tout en faisant de l’exercice.

    Une heure ou deux de partage, ça nous donnait de l’énergie. Ça clarifiait les questions de la vie et m’a aidé, à la longue, à cerner quelques intuitions de comment me remettre au monde…

S.v.p. commenter sous votre vrai nom.

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