Opération Simplement Noël!

Plusieurs d’entre vous êtes peut-être déjà au courant? Cette année, le Réseau québécois pour la simplicité volontaire (RQSV) a choisi de célébrer la Journée sans achat (la 20e depuis son lancement par la revue Adbuster en 1992) en reliant directement celle-ci à la fête de Noël et en prolongeant la sensibilisation d’une journée thématique durant toute la période qui précède les Fêtes de fin d’année.

La Journée sans achat (le Buy Nothing Day) a été lancée pour coïncider chaque année avec le Black Friday, ce lendemain de l’Action de grâces américaine qui marque le début de la ruée vers les achats de Noël. Aux États-Unis, les aubaines incroyables du Black Friday sont l’équivalent du Boxing Day chez nous. C’est la journée de l’année où les ventes au détail sont les plus importantes. Les magasins ouvrent à minuit (certains ont même devancé l’ouverture de quelques heures cette année, empiétant sur le jeudi de l’Action de grâces) et les gens font la queue pendant des heures, voire des jours pour être certains de profiter des meilleures aubaines (un couple de Floride a même campé sur le trottoir à partir du lundi précédent! On n’est pas tous « indignés » pour les mêmes raisons!). Et la ruée est telle qu’on a connu au moins un mort (piétiné) en 2008 et qu’il y a chaque année de nombreux blessés.

Cette tradition marchande américaine a maintenant traversé la frontière canadienne. Nos marchands sont chaque année plus nombreux à offrir des rabais exceptionnels pour le Black Friday (souvent même pas francisé). Et le commerce électronique ne voulant pas être en reste, il a inventé, depuis deux ans, le Cyber Monday, célébré trois jours plus tard et lui permettant de surfer, en la prolongeant, sur la vague amorcée au cours de la fin de semaine. Tout ce qui peut faire vendre est le bienvenu!

Mais peut-être avons-nous atteint une certaine limite? En effet, deux éditorialistes de La Presse ont senti cette année le besoin de prendre leur distance de « La fête de l’excès » (Mario Roy en éditorial le 25 novembre) en se demandant « Noël: magasiner et… quoi d’autre? » (Ariane Krol, dans son blogue du 21 novembre). Pour que La Presse en soit rendu là, il y a peut-être encore de l’espoir!

Quoi qu’il en soit, le RQSV a choisi, cette année, de déplacer l’accent du Black Friday (une conséquence) vers la fête de Noël (la cause): comment voulons-nous vraiment fêter Noël? Et au lieu de dire aux gens quoi faire (« N’acheter rien, au moins pour une journée »), il a choisi de demander aux gens de nous dire ce qu’ils aimeraient vraiment faire. Passer du négatif (on devrait consommer moins) au positif (le Noël que j’aimerais vivre). Passer de la morale (on vit dans une société de surconsommation) au plaisir (retrouver la fraîcheur et l’émerveillement de l’enfance).

En lançant l’Opération Simplement Noël!, le Réseau savait qu’il répondait à un besoin puisque chaque année, c’est à cette période de l’année qu’il est le plus consulté par les médias à la recherche d’alternatives à la course aux cadeaux et à l’endettement qui en résulte. Et nous ne nous sommes pas trompés puisque la réponse des médias a été jusqu’ici bien au-delà de nos attentes, d’autant plus que l’Opération a été lancée tardivement et avec des moyens très limités.

Preuve, si besoin était, que la simplicité volontaire demeure plus d’actualité que jamais. Et que nous avons besoin des contributions précieuses de tous ceux et celles qui y croient et qui la pratiquent, d’une manière ou de l’autre, pour développer et valoriser les nouvelles façons de vivre mieux avec moins.

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3 réponses

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  1. lucille thompson 30 décembre 2016 à 12 h 23 | | Répondre

    Merci beaucoup pour le thème simplement Noël, que je pratique avec plaisir achat du sapin dans le village, même déco depuis 35 ans quelques ajouts récupérés du comptoir du village, cuisine santé à la maison, souper en famille, messe à l’église, emballage des jouets de mon fils devenu grand pour mon petit fils, tenue vestimentaire déjà utilisée et encore de mise, marche extérieure dans le décor féérique, apprécier notre santé et notre chance de vivre en campagne……

  2. annick 8 décembre 2011 à 17 h 23 | | Répondre

    Noel semble cristalliser furieusement une confusion entre avoir, posséder, acheter, et être quelqu’un
    Mais de quoi avons nous besoin réellement pour cette journée ? De retrouver ceux qui nous sont chers pour passer un bon moment ensemble
    Partager: les 7 desserts provençaux ,ou bien quelque chose d’autre qui nous relie à notre histoire, les livres que l’on a aimé, un concert, une exposition, une marche, une conversation …
    Nous retrouver nous même et pouvoir ensuite donner plus d’attention aux mille petites choses du quotidien et à ceux que nous aimons

  3. Micheline Claing 3 décembre 2011 à 9 h 22 | | Répondre

    Je partage totalement ce désir de mettre l’accent sur le côté positif de la simplicité et de la vie! Ça nous permet de laisser émerger toute notre créativité ce qui donne plus de place à l’ÊTRE plutôt qu’à l’AVOIR.

S.v.p. commenter sous votre vrai nom.

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