La simplicité volontaire: abnégation ou archaïsme?

Trop souvent la simplicité volontaire et ses adeptes sont jugés par leurs détracteurs comme archaïques. Pourtant, être simplicitaire annonce une capacité d’adaptation et une prise de distance face aux enseignements, tant scolaires, familiaux, qu’environnementaux. Bref, une résolution – pas toujours tranquille – de se départir des chaînes invisibles retenant l’Homme à des réflexes passés qui ne conviennent plus à la race humaine et à la terre qu’il foule. Ainsi les termes antiprogressiste et passéiste peuvent difficilement être associés à cet état d’esprit et à cette ouverture au changement dont font preuve de nombreux simplicitaires.

Par son regard critique sur le mode de vie de ses contemporains et ses initiatives personnelles pour s’en soigner, le simplicitaire répond à des besoins bien actuels. Les siens d’abord, mais avec un grand souci du bien-être de sa communauté afin de pouvoir conjuguer la société à laquelle il prend part au futur simple.

Bien sûr, dans une société aliénée par le consumérisme, les simplicitaires sont perçus comme des illuminés en phase d’abnégation aigüe. En effet, en tant que maître et admirateur autoproclamé de la machine, l’Homme doute de l’aspect salvateur du « faire soi-même », se méfiant de son propre travail, estimant à tort que de se réapproprier des gestes délégués aujourd’hui à des instruments perfectionnés et aux experts serait un aller-simple vers un nouveau Moyen-Âge.

Or la compréhension du monde que nous avons aujourd’hui doit servir la société, mais sans l’assujettir à une croissance démesurée et sans réduire l’Homme à une productivité à sens unique. Dans cet ordre d’idée, la simplicité volontaire propose une pleine utilisation des capacités humaines, qu’elles soient manuelles, intellectuelles ou émotives, ce que ne permet pas un rythme de vie entièrement dévoué – dans un syndrome de Stockholm collectif – à l’ère technologique.

De la simplicité volontaire résultent des êtres humains plus complets (ou auto-suffisants) et peut-être même plus libres, qui ne sont guère compatibles avec l’abnégation et l’archaïsme dont sont parfois étiquetés ses adeptes. Le simplicitaire, avec son retour au cœur des besoins humains, s’inspire du passé, vit au présent tout en investissant dans un avenir durable…

P.S.: Anne-Renaud tient également un blogue, Sain et simple: mille et une astuces afin d’intégrer la simplicité volontaire à la vie quotidienne.  Nous vous invitons à aller y faire un tour.   Dominique Boisvert, responsable du Carnet

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2 réponses

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  1. Cynthia 8 février 2013 à 18 h 04 | | Répondre

    Entre la consommation à outrance et le retour à la bougie, il y a l’intelligence…. à nous de trouver les uto-pistes souhaitables et soutenables pour élargir le champ des possibles… construire nos alternatives concrètes :-)

  2. Fanny Héraud 6 février 2013 à 9 h 52 | | Répondre

    Bien d’accord! Lorsque le monde tel qu’on le connait aujourd’hui se transformera drastiquement avec la fin du pétrole et l’énorme crise économique qui s’en suivra, les simplicitaires apparaitront alors comme des précurseurs!

S.v.p. commenter sous votre vrai nom.

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