Le manque de temps comme obstacle à la participation citoyenne

Etat du QuébecSuggestion de lecture : L’État du Québec 2013-2014

Selon un sondage commandité par l’Institut du Nouveau Monde (INM), 40 % des répondants mentionnent le manque de temps comme obstacle à la participation citoyenne. Cette donnée apporte de l’eau au moulin des partisans de la simplicité volontaire qui mettent de l’avant l’idée que, si les gens travaillaient moins et consommaient moins, ils auraient plus de temps pour une plus grande participation civique et pour des activités plus gratifiantes, moins consommatrices d’énergie, etc.

Cette donnée figure en p. 71 de la dernière édition de L’État du Québec 2013-2014, publié par l’INM et édité chez Boréal, 2013, 460 pp. C’est un plaisir annuel et une découverte toujours stimulante de lire L’État du Québec.

Cette année, le thème principal est le pouvoir citoyen. Le texte « Le débat public à l’ombre du management », de Florence Piron, fait ressortir que les consultations effectuées par les gouvernements sont souvent devenues de simples opérations de marketing : « Cette vision de la consultation des citoyens-clients est à la base de la conception managériale du débat public. Selon cette perspective, il est intéressant de se mettre à l’écoute de la pluralité des idées et des valeurs de citoyens dans la mesure où cela peut renseigner les ‘décideurs’ sur la manière dont leurs projets, notamment économiques ou de transformation de l’État, seront reçus par la population. » (p. 93)

Il semble que les gouvernements, sous couvert de participation citoyenne large, aient parfois un objectif très précis : faire semblant d’être largement à l’écoute alors qu’ils veulent essentiellement augmenter la productivité de leurs services : « Une déclaration récente du gouvernement du Québec l’illustre bien : ‘Un gouvernement ouvert, c’est un gouvernement qui encourage la participation en plaçant les citoyens au coeur du processus décisionnel de l’État. L’apport du public est essentiel à l’amélioration de l’efficacité et de l’efficience du gouvernement.’ Alors que la première phrase semble évoquer un idéal de démocratie participative, la deuxième circonscrit l’objectif de cette participation : l’amélioration  de la performance managériale de l’État (…). » (p. 94)

Le livre fourmille de données intéressantes. Comment les citoyens votent-ils en fonction de l’âge ou du sexe ? Comment votent-ils selon leur revenu annuel ? Comment votent-ils en fonction de leur sentiment politique (gauche, centre, droite – certaines données sont étonnantes) ? Comment votent-ils selon leur sentiment d’appartenance (Québécois seulement, Québécois d’abord, Québécois et Canadien, Canadien d’abord, Canadien seulement) ? (texte de Éric Bélanger et Richard Nadeau)

Il faut lire, entre autres :

Trois scénarios pour lutter contre l’apathie politique, par Laurence Bhérer;

Les règles de l’art de la participation publique, par Malorie Flon;

La participation électorale monte en flèche : renouveau ou anomalie de parcours ? par Carl Charest;

Un an plus tard, le gouvernement Marois a-t-il tenu ses promesses ? par François Pétry;

Quitte ou double : le dangereux pari du PQ, par Jean-Herman Guay; etc.

Bonne lecture !

 

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3 réponses

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  1. Christine Lemaire 27 décembre 2013 à 8 h 27 | | Répondre

    Il y a aussi le système de valeurs dans lequel nous évoluons. Dans notre société, il n’est valorisé que ce qui est rémunéré. Je m’étonne d’entendre des retraités dire retourner au travail pour garder un sens à leurs journées. Comme elles auraient du sens, leurs journées, s’ils s’adonnaient à une activité bénévole! Il y a tant à faire! Mais non, notre société de consommation méprise ce qui ne la nourrit pas.

  2. Diane Gariépy 16 décembre 2013 à 9 h 02 | | Répondre

    C’est bien vrai:  » si les gens travaillaient moins et consommaient moins, ils auraient plus de temps pour une plus grande participation civique et pour des activités plus gratifiantes, moins consommatrices d’énergie, etc. »
    On n’a qu’à penser au temps perdu à poser des pneus d’hiver, changer d’huile, remplir d’essence, dégeler les serrures, changer les essuie glace, sortir l’auto du banc de neige…
    Avec le choix du transport en commun et/ou de CommunAuto, tout ce temps-là nous est épargné, ces temps-ci, dans les grandes villes, du moins.
    La simplicité volontaire, c’est un plus!

  3. marc guy 16 décembre 2013 à 8 h 58 | | Répondre

    si les gens travaillaient moins (impots) et consommaient moins (taxes) c’est la solution a la reduction de l’état obèse en lui coupent les vivre et obliger les citoyens a devenir responsabble et arreté de demander des service a l’état

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