L’hypothèse du bonheur

quand le bonheurNotes glanées dans L’hypothèse du bonheur – La redécouverte de la sagesse ancienne dans la science contemporaine, par Jonathan Haidt, éd. Mardaga, Belgique, 2010, 333 pp. Ceci n’est pas un  résumé de lecture, les nuances n’y sont pas : c’est plutôt un aide-mémoire.

Jonathan Haidt est professeur et chercheur en psychologie à l’Université de Virginie. Il tente de concilier la sagesse des philosophies (chinoises, hindoues, occidentales) avec les découvertes scientifiques récentes de la psychologie.

Le niveau de bonheur est déterminé par trois facteurs : le facteur biologique, les conditions de vie et les activités entreprises volontairement. Il y a plus de plaisir à faire qu’à avoir. Quand nous vivons une difficulté, après un certain temps, on revient au niveau de bonheur que, par défaut, on a habituellement, en fonction de nos gènes et de notre tempérament, pessimiste ou optimiste. Le gagnant à la loterie et le nouveau paraplégique retrouvent à peu près le même niveau de bonheur qu’au départ, après quelques années.

Qui est le plus heureux ? L’homme blanc, riche, jeune, marié, ayant des enfants, du succès ? Ou la femme noire, 65 ans, malade, plutôt pauvre, qui a beaucoup d’amis, qui va à son église toutes les semaines ? La richesse de nos interrelations est un prédicteur du bonheur.

Rechercher l’équilibre entre 1. ne pas chercher le bonheur car il vient quand on ne le cherche pas et 2. rechercher le bonheur dans certaines sphères de notre vie.

On agit par réciprocité, en vue de la réciprocité, avec les autres.

Méditation et thérapie cognitive sont les deux voies royales de la connaissance de soi.

Le bonheur vient de l’intérieur et ne peut être trouvé en conformant le monde à nos désirs.

Les gens mariés sont plus heureux mais c’est probablement le bonheur qui mène au mariage, et non l’inverse. Les hommes ont plus de pouvoir et de liberté que les femmes mais ne sont pas plus heureux. La satisfaction par rapport à la vie augmente légèrement avec l’âge. Les personnes qui vivent sous le soleil ne sont pas plus heureuses. Les personnes les plus séduisantes ne sont pas les plus heureuses.

On n’est pas né pour un degré précis de bonheur mais pour un intervalle (entre un minimum et un maximum) et l’environnement nous situe dans cet intervalle.

Comment améliorer le quotidien d’une résidence pour personnes âgées ? Si elles choisissent et arrosent elles-mêmes les plantes et si elles décident le soir de la projection du film (ce sont des exemples), elles sont plus heureuses et décèdent moins. L’important, c’est le pouvoir de décider.

Il faut rechercher non les plaisirs mais les gratifications : des activités qui nous impliquent totalement, qui exaltent nos talents, nous font perdre conscience et nous absorbent totalement (des « expériences de fluidité »).

Nos comportements, économiques et autres, ne sont pas toujours rationnels et obéissent souvent à des « émotions morales » (amour, honte, vengeance, culpabilité, etc.).

Nous sommes habiles à discerner le niveau exact d’hypocrisie chez les autres mais incapables de voir notre propre niveau d’hypocrisie. Chacun se voit en rose. Nous sommes habiles à trouver des raisons, valables à nos propres yeux, pour ne pas respecter nos principes éthiques. L‘important est de ne pas perdre la face à nos propres yeux.

Une analyse de 166 cultures montre que l’amour romantique existe dans 88 % d’entre elles. L’amour vrai est un « amour compagnon » intense, avec un brin de passion, entre deux personnes fortement engagées l’une envers l’autre.

Prendre soin d’autrui est souvent plus bénéfique que de recevoir de l’aide. Mais on a besoin de donner ET de recevoir.

Raconter son histoire en thérapie rend moins vulnérable à la maladie, non pas parce qu’on a « vidé son sac » mais seulement si on a réussi à donner du sens à ce qu’on a raconté.

Il faut travailler nos forces et non nos faiblesses. Pourquoi nos promesses du Jour de l’An sont-elles souvent axées seulement sur le fait de combattre nos faiblesses ?

Les personnes qui font du bénévolat sont plus heureuses et en meilleure santé que celles qui n’en font pas. Mais le bénévolat est-il la cause ou la conséquence du bonheur ?

Sur le thème du bonheur, on peut aussi consulter « Y a-t-il une corrélation entre bonheur et revenus? » et « Ceci n’est pas le bonheur ».

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3 réponses

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  1. Mickaël Lecler 4 octobre 2013 à 12 h 04 | | Répondre

    Je sors d’une expérience de deux années séparé de ma femme et mes enfants; nous ne nous voyions alors que deux mois sur douze. Je suis d’un naturel solitaire donc je m’en suis d’abord accomodé en me procurant du bonheur grâce à mes activités artistiques tout en jumulant cet emploi qui me séparait justement de ma famille mais je me suis progressivement blessé à cause de cette séparation.
    A présent, je suis de nouveau avec eux et je crois pouvoir faire cette constatation : Le bonheur est fragile et, c’est vrai, il est mieux d’en donner d’abord que d’en attendre car si l’on n’en donne pas, l’on se retrouve seul. Notre société pressée par le gain et le soit disant bien-être ne nous encourage pas à en donner mais plutôt à s’en procurer à travers la gamme immense des produits que nous fabriquons.
    On délaisse le seul bonheur utile à tous; celui de savoir les autres heureux. Ma famille n’était pas heureuse de ne plus me voir, me sentir, m’entendre et c’est là l’erreur que de croire que le professionnalisme qui nous guide nous guide en fait vers le bonheur. La communication volontairement simple entre les humains est la seule possibilité de donner du bonheur.
    En recevoir, c’est à ne pas s’y attendre si le geste se veut désinterressé et seulement axé sur le bonheur de l’autre et non de soi.
    A présent, nous sommes réunis mais je constate les lacunes que j’ai provoqué de par mon absence et le manque de bienveillance de ma part. Je dois aujourd’hui assumer ces actes et guider de nouveau les miens vers ce bonheur.
    Livre à lire donc. Il ne peut en ressortir que du bon.
    Merci.

  2. Diane Gariépy 26 août 2013 à 11 h 00 | | Répondre

    Merci Jacques pour cette si belle contribution au Carnet des simplicitaires. Tu me donnes envie de lire ce livre tranquillement, en y mettant le temps.
    Et je complèterai en invitant nos lecteurs à considérer cette petite enquête qui fut faite il y a quelques années par des chercheurs universitaires et qui montrait que les adeptes de la sv sont davantage satisfaits de leur vie que la moyenne des gens.

    Bon. c’est en annexe du livre Nous, de la simplicité volontaire paru chez Ecosociété en 2011.

  3. Morens Natacha 17 juillet 2013 à 9 h 12 | | Répondre

    Merci infiniment pour cet article qui est assurément « à méditer ». Je crois que la plupart des gens souffrent de ne pas être utile ou valorisé, aimé. Dire merci, adresser un sourire sont des petites choses du quotidien qui peuvent apporter un peu de bonheur, c’est ce que je crois en tout cas.

S.v.p. commenter sous votre vrai nom.

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